LES INDICATIONS DE LA GESTALT-THERAPIE
C'est une question qui est souvent posée à propos de toutes les méthodes de psychanalyse ou de psychothérapie, dont bien sûr la Gestalt-thérapie.
" Est-ce que ça marche pour....la dépression, la boulimie.. l'insomnie... les échecs aux examens... le manque de confiance en soi... les T.O.C. (troubles obsessionnels compulsifs)... les conflits de couple... l'impuissance ou la frigidité... les phobies... la stérilité.... les maladies psychosomatiques... etc. etc...."
Poser la question de cette manière revient à considérer la Gestalt-thérapie en particulier, les psychothérapies relationnelles ou les psychanalyses en général comme " techniques de résolutions de problèmes " et à introduire la notion de " demande de résultats (en général rapides) ".
Si elles n'en sont pas incapables, si elles ne perdent pas de vue l'objectif de l'accès à un " mieux-être " pour le patient, si elles ne considèrent pas, à l'instar de Jacques Lacan, la " guérison " comme " de surcroît ", ni la Gestalt-thérapie ni les psychothérapies relationnelles ne se la fixent comme objectif premier.
Le but d'une Gestalt-thérapie est de permettre au thérapisant de retrouver son autonomie, sa capacité de choix libre, d'exprimer au mieux tous ses potentiels, et, à travers et grâce à cet épanouissement, cette croissance, de trouver lui-même les meilleures solutions à ses difficultés du moment.
" Si tu cherches ton chemin, ne le demande pas à quelqu'un qui le connaît, car alors ce ne serait plus ton chemin mais le sien. "
Cette phrase est mon adaptation personnelle d'une plus connue: " Si tu cherches ton chemin, ne le demande pas à celui qui le connaît car tu risquerais de ne pas te perdre " dont le sens est plus difficile à saisir parfois.Et pourtant, la voie du changement passe souvent par l'égarement dans des chemins qui sont aussi inconnus et imprévisibles pour le patient que pour le thérapeute.
Ici, " égarement " ne signifie pas " folie " mais " exploration ", il n'est plus toxique mais nourrissant de la découverte d'un soi que l'on ignorait en relation à un monde, un environnement que l'on ignorait tout autant.Les solutions aux problèmes qui en découlent spontanément sont peut-être une résolution de ces problèmes, peut-être une fuite devant un incontournable, peut-être une adhésion à ce que nous prenions pour un dictat, peut-être une acceptation de l'inchangeable, et une infinité d'autres choses encore...
Rappelons ce que l'on nomme généralement " la prière des alcooliques anonymes " dans l'une de ses déclinaisons :
" Donne-moi la force de changer ce que je peux changer,
la sagesse d'accepter ce que je ne peux changer,
et la capacité de faire la différence entre les deux. "
Elle représente bien à mon sens ce que peut une relation psychothérapeutique.
Elle peut ceci et pas plus...
C'est un chemin qui peut être long et parfois difficile, encombré de peurs d'affronter la responsabilité de cette capacité au choix, d'affronter le risque de l'erreur mais aussi de s'approprier cette liberté et du droit à " l'erreur " qui en découle.
La Gestalt-thérapie, telle qu'elle a été proposée par Paul Goodman à la suite de son inventeur Fritz Perls est, à mon avis, et c'est pour ceci que je l'ai choisie dans ma pratique, l'approche la plus appropriée à nous rendre libres et autonomes mais dans un constant souci de lien avec les autres et le monde au sens de la prise de conscience paradoxale de notre dépendance totale à notre environnement.
C'est en acceptant d'être transformé par ce que nous entreprenons que nos entreprises ont quelque chance de pouvoir aboutir en transformant l'environnement.
Je peux dire aujourd'hui, après un long temps de pratique, que la relation à mes patients m'a autant changé que ma propre thérapie, mais que c'est grâce à cette thérapie personnelle que j'ai acquis cette capacité à me laisser transformer et grandir en permanence.
Donc, en conclusion, même si des améliorations inattendues et rapides peuvent survenir à tout moment d'un parcours thérapeutique, même si c'est régulièrement vérifié par l'expérience des thérapeutes, les solutions aux symptômes douloureux qui nous amènent la plupart du temps à venir consulter apparaîtront " quand les temps en seront venus " et c'est la spontanéité de cette apparition qui en garantira la valeur curative à long terme bien plus qu'une guérison plus ou moins " forcée " par une technique quelconque.
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