LA GESTALT-THERAPIE
La Gestalt-Thérapie fut imaginée dans les années 1940 par Fritz Perls, un psychanalyste d’origine allemande, élève de Sigmund Freud, qui s’était réfugié en Afrique du Sud pour fuir les persécutions nazies.
Après avoir lui même été psychanalysé par plusieurs analystes dont wilhem Reich, inventeur de la Végéto-thérapie qui déboucha sur l’actuelle bio-énergie, Perls, aidé de sa femme Laura, psychanalyste elle aussi et philosophe, s’inspira de diverses approches de son temps, allant de la Gestalt psychologie à la Phénoménologie qui, toutes deux, mettaient l’accent sur la perception sensorielle et psychique du monde ; il prit aussi en compte les théories de Reich où le corps et ses blocages étaient mis au premier plan , et même des philosophies orientales telles que le Zen qui, lui aussi se centrait sur la conscience de soi et du monde.
Il reprocha surtout à Freud de ne se centrer que sur la sexualité et l’œdipe et le rapport aux parents en excluant le corps, les émotions et l’environnement par une présumée neutralité du psychanalyste.
Perls montra que , bien avant ceci, c’est plus globalement le rapport à l’environnement qui modèle l’individu, et, en particulier, son rapport buccal, puisque, après la respiration d’ordre automatique, c’est l’action de nutrition qui est le premier acte conscient et volontaire du bébé.
A partir de cette observation, qu’il adopta comme métaphore du fonctionnement psychique, Perls posa que tout rapport à l’environnement est transformateur aussi bien pour cet environnement que pour l’individu.
Il nomma ceci « Ajustement créateur », opposé à «Ajustement Conservateur » qui regroupe les fonctions élémentaires de survie.
Manger une pomme, entretenir une conversation, nous transforme, nous fait grandir, nous enrichit, mais change aussi le monde…
Perls posa aussi un principe original en psychologie et pourtant si évident : l’individu est tout aussi animal qu’humain. Ne pas tenir compte de ces deux aspects intimement mêlés en thérapie serait une grave erreur.Il écrivit donc son ouvrage initial « le moi, la faim, l’agressivité » où il voulait montrer que cette agressivité, au lieu d’être vue comme destructive, pouvait être vue comme transformatrice.
Fritz Perls émigra dans les années 50 aux Etats Unis où il fonda sa première école de psychothérapie. Là, il rencontra Paul Goodman, un romancier et philosophe américain qui se passionna pour les principes élaborés par Perls mais peu structurés jusque là. En quelques années, Goodman développa une théorie solide et cohérente et, ajoutant sa signature à celles de Perls et d’Heiferling, un autre psychothérapeute collaborateur de Perls, il sortit "Gestalt-Thérapie", deux gros volumes qui restent aujourd'hui encore la " Bible " de cette méthode .Goodman présente dans cet ouvrage ses grands principes de « Champ », « Self » et « Cycle de Contact ».
Il partait d’une idée première : on ne peut séparer un organisme vivant de son environnement, sinon, il meurt…
Par ailleurs, comme dit plus haut, c’est le contact permanent et les échanges avec cet environnement qui constituent la vie et la croissance de l’individu, comme les transformations du monde.Ceci paraît être une évidence, mais jusque là, la psychologie semblait n’en avoir guère tenu compte.
Toutes les formes de compréhension de l’être humain et les thérapies qui en découlaient, à l’exception de quelques rares et discrets précurseurs tels Alfred Adler, se centraient sur un patient considéré comme une entité indépendante : on appelle ceci aujourd’hui une vision « intra-psychique » de l’individu.
Perls lui-même, avant cela, était dans ce modèle « intra-psychique » malgré quelques idées géniales.
Goodman, à partir de cette hypothèse, posa que ce qui était premier était le « champ », cet endroit où se rencontrent , où se manifestent au monde, où se « contactent » organisme et environnement.
Il pose donc que, toute psychothérapie ne peut se passer qu’en ce lieu ou était la manifestation de la vie ; toute autre approche ne pouvant être que limitée, d’un seul côté du champ et, de plus, spéculative, puisque, hors de cette manifestation extérieure, que peut savoir le psychothérapeute de son patient ?
Prenons l’exemple classique du patient en train de raconter une scène de son enfance ou le rêve de la nuit dernière.Est-ce là la vérité, la réalité ?
Bien sûr que non et le thérapeute, qui pourrait s’appuyer dessus pour aider son patient, devrait forcément faire appel à la spéculation ou à l’application d’un savoir théorique considérant son patient comme modélisable..
En fait, dans cet exemple, la seule chose que l’on puisse dire avec quelque certitude est que ce patient est en train de raconter à ce thérapeute précis, à cet instant précis, le souvenir qu’il a de cette scène ou de ce rêve.
Rien ne peut dire, même pas ce patient, s’il s’agit bien de la réalité de ce qu’il a vécu, il y a 30 ans ou dans son dernier sommeil.
La seule chose qui est accessible au thérapeute est ce qui est en train de se passer entre lui et ce patient, la manière, par exemple , qu'il a de raconter, sa position corporelle, les émotions qu’il manifeste, son regard, le ton de sa voix, comment il a commencé son récit, qu’est-ce qui a précédé et suivi ce récit dans la relation entre eux-deux, etc.…
On dit que le gestalt-thérapeute observe et analyse le processus bien plus que le contenu de sa relation avec son patient.
C’est ce qui a fait quelquefois baptiser un peu abusivement la gestalt-thérapie, thérapie de l' "Ici et Maintenant ", laissant croire, par cette appellation, que le passé, l'histoire du patient était systématiquement mise de côté, et c’est d’ailleurs ce que pratiquent certains psychothérapeutes, plus inspirés du Perls de la première époque que des théories de Paul Goodman et de ses successeurs.Au contraire, nous considérons que l’histoire du patient est présente en ce qu’il est aujourd’hui, en ce qu’il manifeste, en sa manière de prendre contact, d’établir une relation avec les autres et le monde. Cette histoire est écoutée si elle se présente spontanément dans la séance, mais ni sollicitée ni analysée ; c’est ce que ce récit provoque aujourd’hui, ce qu’il fait apparaître que est pris en compte pour provoquer du changement , une amélioration de ce contact.
Souvent, le cours du discours est d’abord confus, les éléments arrivent en nombre, sans ordre mais chargés (ou privés parfois) d'affects; puis, petit à petit, l’un de ces éléments prend forme, se renforce pour devenir prédominant, un peu comme une image photographique se forme doucement au cours du développement, comme l’image d’un puzzle apparaît progressivement jusqu’à devenir évidente, même si toutes les pièces ne sont pas encore installées.
Cette «formation de figure » qui se produit et qui est « soutenue » par le gestalt-thérapeute à donné son nom à la thérapie.Gestalt en allemand signifie « forme », « figure » mais plutôt au sens d’un contexte que d’une simple image .
La « gestalt » d’une pièce dans un appartement parle plutôt de l’impression esthétique qu’elle rend, que de sa forme et son contenu.On reconnaît un visage sans avoir besoin d’analyser tous les traits, sans même pouvoir souvent les décrire en détails.La « forme » en Gestalt , c’est plutôt ceci.
Faire apparaître progressivement, au cours des successions de séances, ces diverses formes qui sont en nous, c’est nous reconnaître plutôt que nous connaître, et c’est aussi reconnaître les autres et le monde.
A partir de cette « reconnaissance saine » et non plus brouillée, informe, la personne peut faire des choix sains pour sa vie.
Retrouver cette capacité à faire des choix justes, à activer sa « fonction Ego » dit-on en gestalt-thérapie, c’est le but final de la thérapie.Nombre d’outils peuvent être utilisés pour ceci, et l’un des principaux est de retrouver sa capacité à l’awareness, un autre mot « barbare » de la Gestalt-thérapie.
L’awareness, c’est notre capacité à sentir ce qui se passe en nous , au plus profond, dans notre corps en premier, dans nos affects qui en découlent et à sentir d’abord, identifier ensuite , nommer enfin ce qui se passe lorsqu’un besoin, un désir, une envie, se manifeste en nous.
A chaque instant, le gestalt-thérapeute est là pour aider à prendre conscience de ces ressentis et à les manifester, à oser les dire et les confronter aux ressources que l’environnement propose pour les satisfaire.
Réussir à utiliser cette confrontation pour réaliser un ajustement créateur, c’est à dire, utiliser le mieux possible de ce dont on dispose et de ce que propose le monde, c’est le résultat final d’une gestalt-thérapie .
Loin de se limiter, comme le lui reprochent certains et comme la pratiquent quelques-uns, à cette « satisfaction des besoins », une thérapie correctement menée prend en compte toutes les valeurs humaines et aide à comprendre que le respect de soi-même passe aussi par le respect des autres et du monde puisque elle aide à prendre conscience que nous ne faisons qu’un avec celui-ci et dépendons de lui et de son bon état.
Les Psychothérapies, Le Psychothérapeute et La Gestalt-Thérapie
Ce texte, conçu par l'Association Gestalt & Thérapie 84 qui le publie sous forme de fascicule au profit du C.E.G.T. (Collège Européen de Gestalt-thérapie ), vous apportera réponse à nombre de questions que vous pouvez vous poser sur les psychothérapies et ceux qui les pratiquent.
Il répond, plus brièvement sans doute, mais plus précisément du point de vue de la gestalt-thérapie à ces questions que le "guide du consultant" publié par le SNP-Psy à l'usage de toutes les formes de psychothérapies.
Son texte ci-dessous reste propriété intégrale de Gestalt &Thérapie 84 et vous pouvez vous adresser directement à eux pour vous procurer des exemplaires papiers.
£GESTALT&thérapie 84
" Nous avons voulu créer ce fascicule afin qu’il puisse mettre en lumière ce qu’est la psychothérapie et plus particulièrement la Gestalt-thérapie.
En effet, encore de nos jours, la psychothérapie, les moyens, les méthodes, la réglementation du statut du psychothérapeute, sa formation, les besoins des personnes… ne sont pas connus du grand public. Aussi, c’est à titre d’information que nous faisons circuler ce livret.« L’objet de la thérapie n’est pas de faire des gens adaptés aux normes de la société, mais ajustés pour vivre bien dans le monde.! » (J. Latner)
SOMMAIRE
Définition et Origine du terme « psychothérapie »
Les grands courants de la psychothérapie
Les différents praticiens des psychothérapies
Les psychothérapeutes : un nouveau métier
Qui est le psychothérapeute? Formation, Agrément
Les besoins de la population
Faire la démarche d’une psychothérapie
Quelle est la nature de la relation entre le consultant et le psychothérapeute ?
Combien de temps dure une psychothérapie ?
Comment choisir un psychothérapeute ?
Que peut-on attendre de la psychothérapie ?
Historique de l’auto-règlementation de la profession de psychothérapeute
Le Collège Européen de Gestalt-Thérapie de langue française
Les différents Instituts de formation à la Gestalt-thérapie
Code de Déontologie du CEGT
Définition et Origine du terme « psychothérapie »
C’est un médecin anglais Daniel Hack Tuke, qui créa en 1872, le terme de « psychothérapeutique » en l’empruntant aux Pères de l’Eglise qui désignaient ainsi l’aide morale dispensée aux croyants.
Le médecin français Hyppolyte Bernheim utilisa le premier le terme de « psychothérapie », toujours en usage aujourd’hui. Se basant sur sa pratique de
l’hypnose, Bernheim pensait que l’action bénéfique de la psychothérapie reposait sur la suggestion et c’est en contestant cette opinion que S. Freud inventa la psychanalyse.
En théorisant ses découvertes, Freud imposait une métapsychologie qui s’opposait radicalement à la médecine psychiatrique et à la psychologie clinique, toutes deux fondées sur une pensée très différente.
De son côté, la médecine psychiatrique, qui traite généralement les maladies mentales, a créé la notion de « psychopathologie ».Les psychologues, qui étudient scientifiquement les comportements humains depuis plus d’un siècle, n’ont été reconnus en France que récemment en 1985, date à laquelle leur titre a été légalisé.
La psychothérapie, au sens large du mot, se définit comme « les soins de la psyché ». La psychothérapie depuis Bernheim se situe hors du champ médicaliste de la prescription. Cette dimension relationnelle de la psychothérapie est fondée sur la relation-implication entre deux personnes engagées concrètement ensemble, le spécialiste s’étant au préalable longtemps exercé lui-même, ce qui lui donne l’avance indispensable pour ce genre de relation.
Yves Lefebvre, Psychothérapeute
Les grands courants de la psychothérapie
Les psychothérapies d’inspiration psychanalytique
Formes dérivées de la psychanalyse, en face à face en individuel et également en groupe dans le psychodrame analytique, en couple ou en famille. En France, la référence est la psychanalyse freudienne et lacanienne. La psychanalyse de Yung occupe une place non négligeable.
La Gestalt-thérapie
Cette approche trouve son origine dans la psychanalyse, mais aussi dans la philosophie phénoménologique et existentielle, la théorie de la forme (Gestalt-théorie), les approches corporelles, expérientielles et holistiques. Sa théorie considère que toute fonction humaine a à être appréhendée comme contact avec son environnement.La psychopathologie qui en découle considère les modalités de rétrécissement du champ d’expérience sujet/environnement, les altérations de contact, les pertes de la capacité d’ajustement créateur, les disfonctionnements de la conscience. La méthode se centre sur l’analyse d’instant en instant du contacter et de la construction de sens.
Le Gestalt-thérapeute contribue à élargir le champ de conscience du patient dans un va-et-vient entre les contenus évoqués par ce dernier et l’ici et maintenant de la situation thérapeutique.Si la parole demeure privilégiée, l’attention au corps, aux affects, aux émotions, s’intègre à l’analyse du cours de la présence. La méthode phénoménologique trouve ainsi une application incarnée au travers de l’explicitation, de la mise à jour du « comment », le patient fait ce qu’il fait, prioritairement au « pourquoi ». L’engagement actif du thérapeute contribue à la co-construction de sens et de formes existentielles.
L’analyse bioénergétique et les thérapies psycho-corporelles
Reich, à la suite de Freud, Groddeck et Ferenczi, a développé un travail systématisé avec les résistances corporelles, visant à traverser des couches successives pour atteindre les couches profondes de la personnalité. Lowen et Pierrakos, fondateurs de l’analyse bioénergétique ont placé l’intégration du vécu corporel comme élément central de la thérapie. Ils ont largement contribué à introduire de nombreuses modalités d’interventions corporelles et énergétiques, développées ultérieurement dans une multitude de techniques (massages, rolfing, rebirth, cri primal, etc.)
La psychothérapie centrée sur la personne
Fondée par Carls Rogers, cette psychothérapie se caractérise par la mise en oeuvre permissive qui vise à permettre au client d’acquérir une compréhension de lui-même pour lui permettre de se développer et de s’orienter vers une libre initiative de ses actes.
Les thérapies cognitives et comportementales
Ces thérapies s’appuient sur les travaux scientifiques de la psychologie et des neurosciences. Cette approche au début se centrait sur le comportement. Aujourd’hui, le foisonnement des travaux scientifiques concernant la cognition, l’apprentissage social, la mémoire, le comportement, les émotions…, ont permis la mise en oeuvre de nouvelles modalités de résolution de problèmes et de résorption de certains symptômes.
Les thérapies systémiques
Ces thérapies ont développé théories et pratiques centrées sur le système d’appartenance du « patient identifié ». Ces approches concernent surtout le couple ou la famille. Nous axons le travail sur le système dans sa globalité et non sur les personnes en particulier.
Les thérapies multiréférentielles ou dialectiques
Elles favorisent l’articulation entre deux approches ou plus de manière à maintenir la tension de la complexité de chaque être humain. Elles cherchent à créer un lien entre elles, pour maintenir le mouvement de ce qui est en train de se créer.
Les approches intégratives et éclectiques
C’est un mélange de plusieurs approches afin d’aborder la singularité de chaque sujet en présence. Ces praticiens refusent de se limiter à une seule approche, considérant qu’elles peuvent toutes, à un moment donné, apporter des éléments pertinents.
Les différents praticiens du « champ psy »
Quatre catégories de praticiens opèrent dans le « champ psy »
La formation de base des psychiatres et des psychologues s’appuie sur la distinction entre normal et pathologique. Ces praticiens emploient des moyens techniques ou chimiques (réservés aux psychiatres) pour faire disparaître les symptômes ayant conduit au diagnostic de « malade ».
Leur pratique se fonde sur l’enseignement universitaire d’une psychopathologie, de différents modèles de la psyché, de différentes techniques et
sur une expérience « au chevet du malade ».
Certains psychiatres ou psychologues peuvent avoir suivi par ailleurs une psychothérapie ou une psychanalyse personnelle et avoir reçu une formation
complémentaire dans un courant de psychothérapie ou de psychanalyse.
Les psychothérapeutes et les psychanalystes prennent en compte des personnes en demande de psychothérapie ou de psychanalyse, indépendamment de la nature de leur demande: sortir de la souffrance, difficultés et limitations diverses, croissance ou connaissance de soi.
Ces praticiens s’appuient sur la relation patient-praticien pour amener le patient à devenir plus conscient des déterminations inconscientes qui orientent sa vie. Ces prises de conscience transforment l’existence du patient et produisent un savoir spécifique.
Leur pratique s’enracine dans l’expérience personnelle d’une psychothérapie ou d’une psychanalyse. Cette expérience fondatrice est complétée par une formation dans un courant de psychothérapie ou de psychanalyse.
Certains psychothérapeutes ou psychanalystes peuvent être psychiatres ou psychologues comme le montrent les titres des auteurs de ce fascicule.
Frédéric Brissaud, Psychothérapeute
Les psychothérapeutes: un nouveau métier
La psychothérapie constitue une approche de la souffrance psychologique de l’être humain dans sa dimension la plus intime, la plus vulnérable et la plus sacrée.
Elle constitue un accompagnement psychologique de la personne en souffrance intime, avec ou non des troubles mentaux, pour l’amener vers l’autonomie.
Pour le psychothérapeute, il s’agit d’« accompagner » son patient à la reconquête de sa propre histoire et de son espace intérieur pour lui permettre de donner un sens à sa vie.
Pour devenir un psychothérapeute, il faut passer par un processus de formation très individualisé, qui au-delà d’un « savoir faire », peut permettre la transmission d’un « savoir être » qui permet d’accueillir une souffrance subjective et non pas de soigner le symptôme objectif.
La première exigence pour devenir psychothérapeute est celle d’une psychothérapie ou psychanalyse personnelle approfondie.
La deuxième exigence est celle d’une formation théorique et pratique de haut niveau en sciences humaines, mais en particulier dans le domaine de la psychologie, de la psychopathologie, de la psychanalyse ainsi que d’une approche méthodologique et technique que l’on va privilégier dans son travail.
La troisième exigence est celle de la supervision systématique de la pratique professionnelle. La remise en cause personnelle de son exercice est une nécessité absolue quand on travaille avec sa subjectivité.
Les autres exigences sont, bien entendu, le respect du code de déontologie et la reconnaissance de la qualité professionnelle par des pairs.
Pour répondre à de telles exigences, il faut compter entre 6 et 8 ans de formation au minimum.
Diplôme
La formation du psychothérapeute, selon les modalités propres à chaque institut, est sanctionnée par un diplôme basé sur:
- Le contrôle des connaissances théoriques et pratiques de la méthode.
- Le contrôle spécifique en psychopathologie
- L’engagement éthique et déontologique
- La rédaction d’un mémoire ou d’une thèse présentée publiquement.
Agrément par les organisations de Sociétés Nationales de Psychothérapeutes
Après le diplôme et quelque temps de pratique supervisée, le jeune professionnel est invité à se soumettre à l’agrément auprès d’une organisation de pairs (SNPPsy, AFFOP, Psy’G, Sociétés Nationales et Méthode, etc).
Dr Pierre Coret, Psychiatre et Psychothérapeute
Les demandeurs de psychothérapie ne peuvent plus continuer à vivre des échecs répétés, des déceptions, des faux-pas douloureux dans leur vie relationnelle, affective, sociale, sexuelle. Ils sont mus par l’incapacité de continuer à vivre ainsi. Les « pis-aller » que leur inconscient a bricolés pour y remédier se montrent vains: fuite, évitement, repli sur soi, dépendance, etc…
Pour le psychothérapeute, il y a ni normal, ni pathologique. Il y a quelque chose dont une personne souffre et qui la met en porte-à-faux ou en désaccord. Il y a un état de guerre intérieure. La psychologie essaie de remettre en circulation toutes les énergies immobilisées dans cette guerre pour construire une situation de paix. La psychothérapie aboutit généralement à un état nouveau de la personne qui s’accompagne de remaniements en profondeur variables dans sa vie et sa personnalité.
Un des premiers principes à s’être imposé aux psychothérapeutes et que toutes les écoles défendent est qu’ils ne sauraient avoir de projet pour leur patient, à leur place.
Dr Lucien Tanenbaum, Ancien Psychiatre hospitalier, Psychothérapeute
Faire la démarche d’une psychothérapie
C’est souvent après des mois, voire des années de difficultés de leur existence que les personnes font le pas « d’aller voir quelqu’un »:
• 36% pour un blocage affectif, un épisode ou un état dépressif, des conduites à risques, des addictions, de l’angoisse, de l’anxiété, un sentiment de solitude, suite à un inceste, etc.
• 29% pour des difficultés relationnelles dans leur couple, dans la relation parents-enfants dans leur relation professionnelle ou sociale
• 14% au cours d’épreuves telles que maladie grave, divorce, perte d’emploi, deuil…
• 12% recherche un accompagnement dans leur processus de croissance pour un épanouissement de leurs facultés personnelles
• 9% sont dans une période de transition: adolescence, maternité, paternité, adoption, ménopause, retraite, etc.
Etude-sondage de Evelyne Poitevin, André Herbin et Alice Charbonnel
Livre Blanc de la profession de psychothérapeute AFFOP – L'Exprimerie 2004
Quelle est la nature de la relation entre le consultant et le psychothérapeute ?
La relation thérapeutique instaure un espace fondé à la fois sur une intimité et sur une distance respectueuses. En tant que lien thérapeutique, cette relation est l’élément moteur du processus psychothérapique.
Combien de temps dure une psychothérapie ?
La durée d’une psychothérapie est extrêmement variable. Cela peut aller de quelques semaines à de nombreuses années. Cela dépend de vos besoins, de vos motivations, de vos objectifs, de votre problématique, de votre structure caractérielle, de la méthode utilisée, de votre assiduité, du rythme des séances, de la compétence du psychothérapeute par rapport à votre cas particulier etc.
La durée reste toujours sous votre contrôle : vous avez parfaitement le droit d’arrêter à tout moment. Si vous vous sentez mieux et que vous estimez avoir tiré de la psychothérapie ce que vous en attendiez, c’est un motif valable pour arrêter, même si votre psychothérapeute ou vous-même estimez que vous n’êtes pas allé au bout de votre problématique : vous avez la responsabilité de vos choix. L'arrêt se fait généralement d’un commun accord avec le psychothérapeute. L’important est de partir en conscience et non en réaction émotionnelle.
Comment choisir un psychothérapeute ?
Souvent, c’est un ami qui vous a recommandé quelqu’un ; ça ne veut pas dire que cette personne vous conviendra car vous êtes différent de votre ami, mais vous pouvez tout de même aller voir.Si lors du premier entretien vous ne vous sentez pas en confiance, n’hésitez pas à chercher quelqu’un d’autre. Fiez-vous à votre intuition. Il est en effet nécessaire de se sentir en confiance. N’hésitez pas à voir plusieurs psychothérapeutes.
Que peut-on attendre de la psychothérapie ?
La psychothérapie apaise le mal-être et modifie la relation à soi-même et aux autres. Elle apporte une connaissance de soi et d’autrui plus profonde et plus fine, et une meilleure compréhension des phénomènes psychologiques, émotionnels et somatiques. Elle libère et stimule le processus de développement personnel. Elle conduit à prendre la pleine responsabilité de soi dans tous les aspects de sa vie.
A travers cela, elle dégage l’espace et les limites de son pouvoir personnel et de sa liberté. Elle développe le sens du réel et l’estime de soi tel que l’on est, par l’acceptation de ses manques et le renoncement à ses fantasmes compensateurs. Elle facilite l’aptitude à communiquer et à aimer.
Extrait du guide du SNPPsy
Historique de l’auto-règlementation de la profession de psychothérapeute
Le Groupement syndical des praticiens de la psychologie, psychothérapie, psychanalyse (PSY'G) créé en 1965, regroupe des psychologues, des psychanalystes et des psychothérapeutes. Membre fondateur de l’Union Nationale des Professions Libérales, il est officialisé confédération syndicale représentative depuis 1977
Le Syndicat national des praticiens en psychothérapie (SNP-PSY), fondé en 1981, préconise une formation inspirée du modèle psychanalytique: psychothérapie personnelle approfondie, formation spécifique, longue supervision. Son originalité réside dans son système de reconnaissance par les pairs, le psychothérapeute étant interrogé par un groupe de psychothérapeutes de références théoriques différentes qui ont à estimer la cohérence entre son évolution personnelle, sa formation et sa pratique.
La Fédération Française de Psychothérapie (FF2P), créée en 1995 rassemble une soixantaine d'organismes : associations, écoles et instituts de formation de psychothérapeutes, de tous courants (psychanalyse, cognitivisme, thérapies familiales, thérapies humanistes existentielles et psychocorporelles, etc.). La fédération milite pour le respect d'un code de déontologie spécifique et la reconnaissance officielle de la psychothérapie comme profession autonome, impliquant une formation longue de haut niveau, reconnue à l'échelle européenne. Elle est le seul organisme représentant la France à l'EAP ( European Association for Psychotherapy ) qui délivre un diplôme européen et publie un registre international de psychothérapeutes agréés.
L’Association fédérative française des organismes de psychothérapie (AFFOP). En 1999, les deux syndicats historiques ainsi que dix-sept autres organismes de la psychothérapie française -instituts de formation, sociétés de méthodes, organismes de praticiens-, ont fondé l'Affop. Cette association s'attache à promouvoir la psychothérapie dans son ensemble et à concourir au développement professionnel des psychothérapeutesplutôt qu'à établir leur conformité à telle ou telle méthode particulière. Elle ambitionne de contribuer à développer des relations de coopération entre psychothérapeutes, quel que soit leur titre professionnel. En 2004, elle a répertorié tous les psychothérapeutes ayant suivi un cursus complet de formation singulière à la psychothérapie.
Le Collège Européen de Gestalt-Thérapie
Créé en 1996, par des Gestalt-thérapeutes soucieux de recentrer la Gestalt-thérapie sur sa dimension psychothérapeutique et se reconnaissant au sein d’une éthique commune, le CEGT rassemble des personnes et des institutions concernées par la Gestalt-thérapie en tant que psychothérapie, essentiellement dans les pays d’Europe de langue française. Il est:
- Un espace de collégialité, un lieu de rencontre, d’échanges et de soutien entre pairs.
- Un lieu de recherche et de réflexion, une possibilité de participer à l’approfondissement et au développement de la Gestalt-Thérapie, qu’il s’agisse de théorie, de méthodologie ou de clinique : journées d’études, congrès, publication de la revue «!Les Cahiers de Gestalt-thérapie » et du bulletin de liaison «L’encrier ».
- Un souci de régulation de la profession par le biais des procédures claires et exigeantes d’agrément des Gestalt-Thérapeutes et des programmes de formation, offrant au public un maximum de sécurité et aux Gestalt-Thérapeutes la reconnaissance de leurs pairs.
- Une ouverture sur l’environnement, illustrée par la participation du CEGT à des organisations nationales et internationales, et par sa contribution à la réflexion sur la profession de Gestalt-thérapeute.
- Une exigence éthique, impliquée par l’idée même de Collégialité, qui concerne aussi bien les relations entre les Gestalt-Thérapeutes et leurs patients, les relations entre professionnels membres ou non du CEGT, que les relations avec les institutions sociales. Dans cette perspective, il se fonde sur l'approche théorique et méthodologique initiée par Perls et Goodman et continuée par de nombreux Gestalt-thérapeutes qui mènent une recherche approfondie sur leur pratique en confrontant leurs hypothèses théoriques et cliniques.Le CEGT est membre fondateur et agréé de AFFOP.
Les différents Instituts de formation de langue française à la Gestalt-thérapie.
Les formations de ces instituts sont agréées par le C.E.G.T.
- IFGT (Bordeaux)
- IGG (Grenoble)
- IGB (Bruxelles)
- ING (Nantes)
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